Yankimadji Rassembaye, la Tchadienne qui fait du Karité un levier de croissance pour les femmes

Yankimadji RASSEMBAYE est une jeune entrepreneure ambitieuse originaire du Tchad. Très engagée pour la promotion du genre en Afrique, et plus particulièrement dans son pays d’origine, le Tchad, Yankimadji est Titulaire d’une licence en gestion des entreprises obtenue à l’Institut supérieur de Management (ISM Dakar-Sénégal) et  d’un Master 2 en Ingénieur des projets de coopération, obtenu à l’Université de Lille 1 – France. Elle est surtout à l’initiative de “Madjikarité”, une gamme de produits cosmétique bio et naturels. 

Nous nous sommes intéressés à son initiative ainsi qu’à son parcours de femme engagée et passionnée par ce qu’elle entreprend. Un parcours qu’elle relate dans l’entrevue ci-dessous.  

cc: Madjikarité

Entreprendre l’Afrique: Yankimadji, pourriez-vous nous parler de votre initiative, Madjikarité. Qu’est-ce que c’est?  

Y.R: «Madji» vient du «Sar» une langue du sud du Tchad, qui signifie «Bien», Madjikarité veut donc dire «les bienfaits du karité» ou encore traduit mot à mot: « karité quelque chose de bien». Les bienfaits du karité pour le corps, mais aussi  pour l’autonomisation de la femme. On retrouve «Madji» dans mon prénom Yankimadji, qui veut dire «quelque chose de bien», j’ai voulu traduire en acte, ce joli prénom que je porte pour donner du sens à mes combats  pour l’égalité, «Madjikarité» « karité, quelque chose de bien».

J’ai donc créé un produit naturel et artisanal d’excellente qualité pour la beauté de vos peaux, une marque qui veut promouvoir l’autonomisation financière de la femme.

Enfin, Madjikarité est une entreprise spécialisée dans le développement et la fabrication de gamme cosmétique biologique fait main à base de beurre de karité.

Je pourrai rajouter ceci:

l’ambition de Madjikaritéest celle de promouvoir l’autonomisation financière des femmes en milieu rural, de lutter contre l’excision en donnant une activité aux exciseuses , contre la désertification par la plantation d’arbre de karité, de lutter contre la dépigmentation de la peau en proposant des produits naturels et biologique  et de promouvoir un développement durable au Tchad.

La vision de Madjikarité est celle d’une société Tchadienne où chaque femme jouit de son autonomie financière.

Sa mission est celle de lutter contre la pauvreté féminine au Tchad et promouvoir un développement durable. La garantie d’autonomie financière des femmes est une préoccupation fondamentale de Madjikarité.

L’entreprise s’engage également pour l’équité et l’égalité de genre en donnant une activité génératrice de revenus aux femmes les plus défavorisées de la société.

 

Entreprendre l’Afrique: Travaillez-vous en équipe ? Si oui, pouvez vous nous les présenter ? Comment fonctionnez-vous ?

Y.R: Madjikarité est une micro entreprise. Donc pour l’instant je travaille seule. Je m’occupe à la fois de la fabrication et de la commercialisation. 

Entreprendre l’Afrique: Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer? 

Y.R: plusieurs raisons m’ont donné envie de me lancer à travers ce projet:

  • dans un premier temps, c’était l’occasion pour moi d’apporter ma pierre à l’édifice au développement de mon pays, le Tchad. L’équité et l’égalité de genre sont pour moi de véritables leviers d’activités génératrices de revenus aux femmes. Ainsi, je désire plus que jamais offrir un meilleur avenir aux Femmes Tchadiennes via l’autonomisation financière des femmes au Tchad.
  • développer La filière  karité (inexploitée) en donnant du travail aux femmes
  • défendre les droits des femmes
  • créer mon emploi, être à la tête de ma propre structure

Entreprendre l’Afrique: Avez-vous été confronté à des difficultés dans votre parcours entrepreneurial ? Si oui, pourriez-vous le partager avec nos lecteurs et nous expliquer comment vous avez su faire pour à chaque fois garder le cap et avancer ?

Y.R: J’ai bien évidemment rencontré plusieurs difficultés. Mais le plus important, comme dans toute création d’entreprise reste celui de la recherche de financement. J’ai fait plusieurs commissions, plusieurs présentations afin de convaincre les bailleurs au financement de mon entreprise au démarrage. Mais malheureusement ils étaient récitants et nombreux étaient ils à ne pas vouloir prendre de risque. Je tenais tellement à mon projet, que je m’étais décidé à démarrer quoi qu’il arrive, et ce en partant de rien. J’ai donc démarré avec une production de  5kg de savons par mois et aujourd’hui en 10mois d’activités je suis à 100kg/mois.

Yankimadji, CEO de Madjikarité dans son atelier de fabrication de produits cosmétiques

Entreprendre l’Afrique: Si l’on devait retenir 2 mots de vous, quels seraient-ils ? Et pourquoi? 

Y.R: Les deux mots que je dirai sont:

  1.  Battante car je me bats pour plus de justice sociale entre les Femmes et les hommes
  2. Ambitieuse puisque mon entreprise a été pensée et créée dans mes 20 mètres carrés, puis s’est agrandi fur et à mesure. Aujourd’hui j’exerce dans une superficie de 52 mètres carrés en seulement 10mois d’activités)

Entreprendre l’Afrique: Quelles ont été (la) ou les personnes qui ont influencé votre parcours ainsi que tes choix professionnels ou personnels ?

Y.R: Je dirai surtout Thomas et Nan SUEL, deux tuteurs formidables qui m’ont permis de tracer mon chemin

cc: Madjikarité

Entreprendre l’Afrique: Quelle est votre vision pour la suite ? Comment envisagez-vous le développement de votre entreprise? 

 Y.R:  

  1. passer de micro entreprise à  SARL en France
  2. vendre mes produits partout en Europe.
  3. créer une coopérative de Femme à Koumra (ville du sud du Tchad),  assurer leur formation, démarrer la fabrication du beurre de karité avec elles, en ramener en France pour raffiner dans ma gamme cosmétique.
  4. fabriquer et commercialiser  des produits au niveau national(Tchad) avec des ingrédients locaux

Entreprendre l’Afrique: Quel message aimeriez-vous passer aux différentes personnes qui vous liront? 

Y.R: Mon message s’adressera en particulier aux jeunes. Je vous encourage vraiment à rêver grand et à vous donner des moyens pour les réaliser, vous avez du potentiel. Croyez en vous, n’hésitez pas, démarrez , partez de zéro, soyez exigeants,   Il  y a assez de diplômé(e)s en recherche d’emploi alors soyez «des diplômé(e)s avec un projet» pour emprunter les mots de l’autre….

 

Pour résoudre le problème engendré par le choix d’un développement viable et durable, le Tchad ne doit plus se passer de  la femme et doit se penser à travers elle. Yankimadji RASSEMBAYE

Pour plus d’informations à propos de notre invitée:

Site web: www.madjikarite.com

Page Facebook: Madjikarité

Entreprendre l’Afrique est un média 100% participatif qui promeut toutes les initiatives portées par les jeune sur le continent africain et à la diaspora.

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