Un laboratoire hors du commun au Gabon : LEYILAB

Il s’agit ici d’une dame, Babongui Edna-chelsea, à l’âme Gabonaise, et surtout au cœur Africain. Elle a consenti à nous parler de ses combats, mais surtout, d’une de ses plus belles réalisations  : LEYILAB

 

Ashley NAMOU : Bonjour Edna-chelsea , pourrais-tu te présenter à nos chers lecteurs ? 

Edna-chelsea : Je suis Edna-chelsea Babongui, j’ai tout juste 32 ans, je viens d’être maman pour la deuxième fois. Je suis attachée en informations et communication de formation, et cette formation m’accompagne dans ma vie de tous les jours, vu que je suis également entrepreneure sociale et culturelle au Gabon. J’ai exercé le métier de journaliste pendant près de trois ans ce qui m’a value la publication d’un de mes articles sur le site officiel de la communication présidentielle de mon pays(Gabon). J’ai été chargée des relations publiques pendant les journées d’investissement Tuniso-gabonaise en 2014, j’ai également été rapporteur pendant l’AGOA en 2015. De plus, j’ai été l’une des responsables du call-center au marathon du Gabon en 2015, la liste est longue (rires).Puis en 2016,j’ai décidé de concrétiser mon projet. Actuellement je suis membre du comité de la Confédération des artisans et des petites et moyennes entreprises du Gabon (CAPEG), organe chargé de favoriser l’entrepreneuriat national, qui est un pan du programme prôné par les plus hautes autorités de mon pays. Il est géré par le ministère des petites et moyennes entreprises du Gabon.

 

Ashley N. :Leyilab, qu’est-ce c’est ? Et Comment t’es venue l’idée de créer cela ?

Edna-chelseaA l’heure de la crise économique mondiale, j’ai pensé que les entrepreneurs devraient s’approprier le concept d’entrepreneuriat social, Leyilab est le premier  laboratoire essentiellement dédié aux idées de projets sociaux et culturels au Gabon.

Les projets dans lesquels nous nous investissons que ce soit sur le plan  des relations publiques et presses, de l’intermédiation d’affaires  et autres doivent avoir cette portée. Tout dernièrement nous avons co-organisé un défilé de mode marquant la journée internationale de la femme africaine. Durant ce défilé nous avons attiré l’attention sur les conditions de vie des femmes dans l’extrême nord du Cameroun, à kidal …

Pour la rentrée scolaire nous organiserons  «  Muretu dream’s hours » qui est un cri à l’endroit des donateurs au profit d’un orphelinat à Libreville.

En 2014, j’ai participé à une aventure humaine extraordinaire « les sambas professionnels ». C’est un séminaire d’échanges de compétences. Ce séminaire a libéré  cet énorme potentiel qui sommeillait en moi, car j’ai fait la connaissance des personnes magnifiques et originales.-Les rencontres que j’ai faite durant ces ateliers m’ont poussé à me lancer à mon propre compte et ont forgé ma mentalité si bien que l’année dernière, plus précisément le 15 aout, le jour de mon anniversaire, j’ai perdu mon père.Ca m’a pris du temps à me remettre mais malgré la douleur j’ai appliqué les leçons de coaching que j’avais apprise. Mon père était une figure emblématique pour moi car de lui j’ai  appris beaucoup de notions culturelles notamment sur le mariage coutumier et aussi sur le partage vu qu’il était un musulman. Il a d’ailleurs sacrifié un bien personnel pour l’offrir à sa communauté(une mosquée).

 

Lorsque je suis confrontée à un mur si je décide de le traverser, je le traverserai même si je me cogne, je sais que j’y arriverai 

 

Ashley N. :Edna-chelsea,tu es si jeune et pourtant déjà entrepreneur(e). Comment as-tu pu te convaincre d’oser ? Comment arrives-tu à gérer ton temps entre tes enfants et l’entreprise ?

Edna-chelsea Peu avant sa mort, mon père m’a dit : «  ma fille certes, tu es différente mais tu es une grande dame, incomprise tu le seras mais tu y arriveras. »-Même quand c’est dur cette phrase me permet de ne pas abandonner et de toujours croire à mon potentiel. Ce que je fais aujourd’hui, j’ai toujours voulu le faire depuis ma plus tendre enfance, ce qui est dommage c’est qu’au Gabon, il n’y a pas à ma connaissance des structures nationales qui forme aux métiers d’entreprenariat social. J’ai donc suivi des formations à l’ambassade des Etats unis et aussi des formations organisées par le système des nations unis au Gabon.

En tant que militante incontestée des droits des femmes et de mère célibataire, mon rôle premier est de veiller à l’éducation et au bien-être de mes enfants. Selon mon entourage, je ne me débrouille pas assez mal car je trouve toujours le juste milieu même si je vous assure que ce n’est pas facile  car on ne manquera pas de vous juger dès l’instant ou l’entreprenariat n’est encore assez valoriser au Gabon.  L’entourage à du mal à percevoir votre vie.

 

L’Afrique, je la considère comme une marmite au feu contenant une sauce qui sans condiments ne ressemblera à rien. Nous devons donc l’épicer de nos condiments naturels.

 

Ashley N. : Comme dans chaque parcours, tu as dû être confronté à quelques difficultés. Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes obstacles et nous dire comment tu as su faire pour à chaque fois garder le cap et avancer ?

Edna-chelsea : Je suis de confession chrétienne et dans celle-ci, il existe un Dieu qui pourvoit. Ce Jéhovah shabbat met toujours des gens sur ma route qui me permettent d’aller de l’avant. Aussi je suis de nature combattante, je n’abandonne pas si facilement. Lorsque je suis confrontée à un mur si je décide de le traverser, je le traverserai même si je me cogne, je sais que j’y arriverai . Etre une femme déjà dans ce milieu c’est compliqué, de plus  qui milite pour les droits des femmes,  c’est  dérangeant  dans mon pays, allez y comprendre !

Quelques fois vous êtes soumises à des propositions indécentes ou même à des regards vicieux de la part des hommes et quelques fois vous êtes même taclées par des femmes comme vous. Ce  qui est hallucinant c’est que ça se transpose même dans votre famille.

 

Ashley N. : Nous connaissons à présent l’entrepreneure. Mais nous aimerions bien découvrir la personne que nous ne connaissons pas encore. 

Edna-chelsea : Je suis de signe astrologique lion cependant je suis très émotive et altruiste. J’aime les danses africaines. 

 

Ashley N. : Quelle est ta vision en tant que jeune femme ? Et quel est selon toi ton apport en tant que jeune africaine pour le continent ?

Edna-Chelsea : Je suis une afro-optimiste réaliste et une africapitaliste. L’Afrique, je la considère comme une marmite au feu contenant une sauce qui sans condiments ne ressemblera à rien. Nous devons donc l’épicer de nos condiments naturels. L’avenir du monde est en Afrique car il reste encore beaucoup de choses à explorer .En tant que manager d’un laboratoire d’idées de projets sociaux et culturels, j’aide les gens à se comprendre soit même et à comprendre autrui c’est une forme d’intégration régionale. Vous savez, lorsque vous recevez quelqu’un en analyse d’idées et que vous lui faites un diagnostique et que peu de temps après en appliquant toutes vos recommandations ,il vous rappelle pour vous remercier, là vous sentez que vous participez au développement de votre pays et par conséquent à celui de l’Afrique.

 

Ashley N. : Nous sommes impatients d’en apprendre un peu plus sur tes projets et leurs impacts sur les jeunes…..Quel serait ton plus grand rêve ?

Edna-chelsea : J’ai créé le concept BLAR(Booster le Leadership A la Racine). Il a pour but de comprendre les problèmes de certaines personnes en analysant ce qui leur rongent, leur blocages. Dans la vie, il m’est arrivé de rencontrer des personnes talentueuses mais qui n’arrive pas à rentrer dans leur destinée. Je suis donc arrivée à la conclusion que leur problème était plus profond. Dans les prochains jours, j’organiserai dans une radio urbaine, une conférence radiophonique sur le mariage coutumier afin que les jeunes s’en imprègnent, de plus en plus. J’ai également crée le salon intercommunautaire sur le mariage coutumier afin de favoriser le vivre ensemble. Mon plus grand rêve est que toutes les africaines se réveillent et prennent conscience de leur potentiel. 

 

Ashley N. : Quel message aimerais-tu leur faire passer aux jeunes africains/entrepreneurs ou autres qui hésiteraient ou aimeraient se lancer dans l’aventure aujourd’hui ?

Edna-chelsea : C’est dur, mais il faut oser et aller au bout de son rêve pour un meilleur épanouissement. Il faut bien s’entourer tout en s’éloignant des personnes qui ne partagent pas votre vision car ils peuvent se révéler nocifs pour votre marche vers l’accomplissement de votre destinée. Surtout il faut marcher avec Dieu. 

 

Ashley NAMOU : Quelque chose de plus à rajouter ?

Edna-chelsea : J’ai été invitée au Global Positive Planet qui se déroule actuellement à Paris. Ce forum est placé sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, Président de la république française. Le laboratoire Leyilab y est présent en tant que positive leader c’est-à-dire, acteur de changements et porteur d’initiatives positives dans l’intérêt des générations futures.

Vive l’Afrique, vive la femme africaine. La révolution est en marche. 

 

Pour plus d’informations à propos de notre invitée et de son activité :

Facebook : Leyilab Leyilab / Babongui Edna-Chelsea

 

Ashley NAMOU, Ambassadrice EA Cameroun

 

Ashley N.

Je suis une africaine passionnée, qui voit et croit au potentiel de l’Afrique
Je compte bien partager avec vous cette passion, vision et croyance, en parlant éducation, environnement, santé, cuisine, car ce sont domaines qui me tiennent très à cœur. Cela n’exclut pas la rédaction sur d’autres thématiques, en cas d’intérêt profond.

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