Au Tchad, une PME veut démocratiser la viennoiserie

Assis sur une vieille bouteille de gaz recyclée en tabouret, le petit Adoum âgé de 11 ans, attend patiemment son tour pour avoir son « fangassou », des beignets de blé. C’est un rituel quotidien dès l’aube, car l’attente peut durée jusqu’à 30 minutes, et au pire l’attente peut être vaine parce que les beignets se terminent face à de fortes demandes, sans que le garçonnet ne puisse ravitailler sa famille. Le père du petit Adoum, lui doit se rendre tôt à son travail et est très souvent contraint de zapper les petits déjeuners à la maison et les prend au bureau, après un crochet à la pâtisserie pour se procurer des croissants, ce qui lui coûte souvent du temps. A N’Djamena, c’est une situation que vivent de nombreux travailleurs.

Depuis le dernier trimestre de 2017, « Le Bonheur Matinal » une entreprise spécialisée dans la viennoiserie a vu le jour et compte résoudre ce problème en proposant à ses clients des livraisons directes sur les lieux indiqués, avec un excellent rapport qualité/prix. Pour DAGO Idriss Outman, le CEO de la PME, le défi est de livrer des viennoiseries faîtes maison aux entreprises, ONG, Banques, écoles et particulier à la commande, par appel téléphonique ou SMS. A 23ans, Idriss, le jeune PDG du « Bonheur Matinal » formé entre le Ghana, la Turquie et la France, est passé de l’idée à l’action au bout de dix jours, accompagné de deux amis, après avoir observé le mode de consommation des travailleurs tchadiens, qui ne cessent de se déplacer pour prendre leur petit déjeuner. Depuis, ils souhaitent rapprocher cette boulangerie dîtes de luxe à la couche moyenne de la population N’Djamenoise, et pourquoi pas tchadienne. « Les consommateurs valident le concept à 200%. La qualité du produit est validé. Nous sommes à la recherche de revendeur pour faire le relai afin d’accroître notre proximité avec la population.» confit l’un des associés.

DAGO Idriss Outman, CEO, Le Bonheur Matinal
DAGO Idriss Outman, CEO, Le Bonheur Matinal

De toutes les manières, le défi reste de taille, face à l’environnement entrepreneurial complexe au Tchad. Mais le jeune CEO ne se laisse pas découragé et a très rapidement diversifié sa clientèle, allant du B2B aux alimentations en passant par les hôtels, les restaurants et même les particuliers avec une une forte stratégie marketing. Il ne facture pas les frais de livraison pendant les périodes de fête par exemple.

La prochaine étape pour les boulangers de luxe, du « Bonheur Matinal » est de mettre en place une application de prise de commande avec un module de géolocalisation. L’entreprise qui est en autofinancement pour le moment, serait déjà en discussion avec un investisseur intéressé par le projet. Tout de même, le petit Adoum, lui continuera à aller au carrefour du quartier attendre ses beignets, le temps que le produit puisse vraiment se démocratiser.

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