Cameroun: NYABEU Dorcas veut démocratiser la kinésithérapie dans son pays

“Croyez, espérez et continuez à vous battre tant que vous êtes en vie et en bonne santé pour vos projets. N’ayez pas peur de recommencer ou du “qu’en dira t’on ?” car un échec est la porte d’entrée d’une réussite”, NYABEU Dorcas.

Revenue de Casablanca au Maroc après quatre années d’étude à l’Ecole Supérieure de Kinésithérapie, Mme NYABEU YANKOU ANNIE DORCAS, Promotrice d’ALLO KINE nous parle de son parcours d’entrepreneur Kinésithérapeute. Elle partage avec nous sa passion, ses motivations en tant q’entrepreneur Kinésithérapeute et son rêve.

Thierry NGUEFACK : Bonjour, pourrais-tu te présenter à nos chers lecteurs ?

NYABEU D.Bonjour chers lecteurs, je suis Mme NYABEU YANKOU ANNIE DORCAS, âgée de 32 ans et de profession KINESITHERAPEUTE, en fonction depuis 2011. Je suis aussi enseignante à ISA/IUG Douala depuis 2015 et membre du bureau national de la CASP (Cameroon Society of Physiotherapy) depuis janvier 2016.  J’obtiens mon diplôme à l’Ecole Supérieure de Kinésithérapie de Casabanca-Maroc après 4 d’années d’études. Par ailleurs, j’accumule plusieurs attestations de formation (Assistant en pharmacie, rééducation de la main, mobilisation nerveuse, kinerespiratoire, rééducation neurologiques…).

 

Thierry N. : ALLO KINE  qu’est-ce c’est ? Et Comment t’es venue l’idée de créer cela ?

NYABEU D. :La Kinésithérapie est une spécialité paramédicale, qui utilise des mouvements actifs (gymnastique médicale) ou passifs (massage, mobilisation) pour soulager les affections locomotrices, neurologiques ou respiratoires. Elle est pratiquée par des masseurs kinésithérapeutes.

Dans le souci de vulgariser les bienfaits de cette spécialité médicale via ses techniques de rééducation, j’ai créé ALLO KINE. Cette jeune entreprise dont la mission première  est de faire connaître les biens faits des techniques de rééducation afin, d’extirper de l’esprit des médecins que les kinésithérapeutes ne prendront jamais leur place car chacun à sa place aussi importante qu’elle soit dans la prise en charge pluridisciplinaire d’une pathologie. Aussi, ALLO KINE veut faire connaître la différence entre le kiné et le masseur tradip
raticien qui ignore l’anatomophysiologie  humaine et le kinésithérapeute qui se base sur celle-ci pour soigner. Ceci dit,  la kinésithérapie n’est pas simplement le massage, mais le massage est un élément important dans l’ensemble de technique de rendu.

De plus, aujourd’hui en Afrique, quand un enfant nait avec un bras qui ne bouge pas et un autre qui bouge bien, ou alors le bébé pleure beaucoup quand on le porte, on a tendance à justifier cela par la sorcellerie. Pour apporter une solution les parents du bébé ou la famille se tourne vers tradipraticien ou des masseurs traditionnels.  Pourtant ces maux sont en général dus à une paralysie obstétricale du plexus brachial qui est la conséquence d’un traumatisme par étirement des racines nerveuses à leur origine, consécutif à une traction excessive lors de l’accouchement.

Sur nos routes il ne passe plus un mois sans accident de circulation où pas moins d’une personne sont atteintes. Tout traitement médical fera suite à une rééducation fonctionnelle car tout traumatisme peut avoir un impact sur le plancher musculo squelettique.

Il est tout de même important de croire en soi et de garder la POSITIVE ATTITUDE.

 

Thierry N. : Comment arrives-tu à gérer ton temps entre les études et l’entreprise ?

NYABEU D.Tout se fait sur programme et sur rendez vous. Lorsque les cours reprennent, je donne mes horaires à l’école en fonction des différents cas que j’ai sous la main. Mais toujours priorité aux patients

 

Thierry N. : Comme dans chaque parcours Dorcas, tu as dû être confrontée à quelques difficultés. Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes obstacles, et nous dire comment tu as su faire pour à chaque fois garder le cap et avancer ?

NYABEU D. :L’aventure commence à l’Hôpital Laquintinie de Douala au Cameroun où pendant 6 mois j’ai exercé avec le statut de stagiaire. Je me décide de m’associer pour avoir un espace de travail dans une clinique où j’ouvre mon premier cabinet à la clinique J&E Mémorial sis à Douala face Hôtel Lewat puis à la clinique de la Mains. En 2014, je décide d’oser en me lançant à mon propre compte en créant, un centre de rééducation à Edéa alors que j’étais en partenariat avec les grosses entreprises de la place (Echec, déception, dépressions). Je retourne donc à Douala et je commence à enseigner à ISA/IUG où j’étais sollicité depuis longtemps. Désormais je me déplace où on m’appelle en clinique et dans les ménages.

Je recommence donc tout à zéro et de fil en aiguille je recontacte mes prescripteurs qui durant une année d’absence ce sont frayés d’autres voies, et je constate avec tristesse que de nombreux cabinet ont ouvert et quand je mène une enquête, la plupart ne sont pas kinéthérapeute.

Choquée,  nantie des leçons de la première expérience, et ayant la foi de faire connaître mon métier je décide de recommencer en créant d’abord une entreprise virtuelle (sur Facebook) que j’ai appelé « ALLO KINE » où je partage mon savoir-faire, je conseil et bientôt j’organise des ateliers d’informations sur les pathologies chronique qui semblent banale et pourtant peuvent détruire nos vies.

Mon secret : La foi en ce que je fais. Elle m’a toujours permis de surmonter les difficultés, garder la positive attitude et de déplacer les montagnes. Je crois en Dieu et ses grâces m’accompagnent, en lui j’ai mis mon espoir et j’y crois fermement peu importe le temps que ça prendra je vais y arriver. Pour avancer dans les difficultés, je me suis entourer des personnes positives qui même si elles ne comprennent rien au projet me disent quelque fois : « courage tu y arriveras ».

L’engouement des jeunes d’aujourd’hui  va croissant et c’est encourageant

 

Thierry N. : Nous connaissons à présent l’entrepreneure. Mais nous aimerions bien découvrir celle que nous ne connaissons pas

NYABEU D. : Je suis une femme passionnée par son métier, dont la famille fait partir de ses priorités et dont le rêve est de venir en aide aux personnes dans le besoin. L’un de mes rêves est la création d’une maison d’accueil.

La chose première qui m’a toujours aidée à me relever est la foi, car oui je crois en Dieu et ses Grâces m’accompagnent, en lui j’ai mis mon espoir et j’y crois fermement peu importe le temps que cela prendre, je vais y arriver. Aussi je bénis le ciel de m’avoir donné un ange de petit garçon qui illumine mes journées noires, car oui lui seul a le secret de m’arracher le sourire dans mes jours les plus sombres. Il est tout de même important de croire en soi et de garder la POSITIVE ATTITUDE. S’entourer des personnes positives qui même si elles ne comprennent rien à votre projet vous disent: “Courage je suis là au besoin“.

 

Thierry N. : Quelle est ta vision en tant que jeune femme/homme. Et quel est selon toi ton apport en tant que jeune femme/homme africain(e) pour le continent ?

NYABEU D. : J’ai toujours rêvé d’une Afrique émergente, dynamique et prospère. L’engouement des jeunes d’aujourd’hui  va croissant et c’est encourageant, quoique certains ne croient plus en rien à cause de nos dirigeants et se laissent encore aller à la paresse et la vie facile par tous les moyens. Maintenant grâce aux réseaux sociaux, les jeunes d’Afrique peuvent s’entraider en partageant leurs expériences et ainsi propulser haut notre belle Afrique.

 

Thierry N. : Nous sommes impatients d’en apprendre un peu plus sur tes projets et leurs impacts sur les jeunes. Quel serait ton plus grand rêve ?

NYABEU D. : Mon plus grand rêve est de créer un centre de rééducation pluridisciplinaire et multifonction avec hospitalisation et dortoirs pour des gens qui viendront des différentes régions et métropole afin de leur faciliter la tâche et le coût de vie. Ainsi, nombreux seront ces jeunes diplômés en chômage qui trouverons des emplois. J’ai eu énormément de difficultés à m’intégrer et me faire une place et je continue à me battre pour, mais je voudrais faciliter la tâche à mes jeunes collègues afin qu’ils s’imprègnent très vite dans le monde du travail. Mon rêve est de rendre légères et transparentes ces portes à l’emploi qui reste encore très lourdes et obscures pour les Kinésithérapeute.

 

Thierry N. : Quel message aimerais-tu leur faire passer aux jeunes africains/entrepreneurs ou autres aujourd’hui ?

NYABEU D. :Croyez, espérez et continuez à se battre tant que vous êtes en vie et en bonne santé pour vos projets. N’ayez pas peur de recommencer ou du (qu’en dira-t-on) car un échec est la porte d’entrée d’une réussite.

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