Burundi : un ancien fonctionnaire de l’Etat reconverti en arboriculteur

Des ananas, des oranges, des mangues, des orangers, des pommes, … sont produits par Jésus-Marie Ntinanirwa, un ancien fonctionnaire de l’Etat et journaliste qui a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat “agricole”.

C’est au nord-est du Burundi, petit pays d’Afrique centrale, d’une superficie de 27.834 km 2, et une population avoisinant les dix millions d’habitants, sur la colline Rutoke, commune et province Muyinga, que cet entrepreneur possède à ce jour une propriété de 6,5 hectares.

Une aventure entreprise en 2007, quatre ans après son retour d’exil en Tanzanie suite à la crise de 1993 éclatée après la mort de feu Melchior Ndadaye.

“Là-bas, j’ai travaillé dans une dizaine d’ONG qui s’intéressaient au domaine agricole”, témoigne-t-il, affirmant que cela lui a permis d’avoir 580 dollars, pour acheter une propriété de 2 hectares à son arrivée au pays. Le coût de labour étant de 2800dollars.

Pour commencer, j’ai planté des ananas. Je passais plusieurs heures dans mon champ qui était devenu mon bureau, poursuit-il son récit.

CC: Jésus-Marie Ntinanirwa dans son champ

Jusque-là, il indique qu’il n’avait pas totalement renoncé à un job énuméré pour trouver en peu de moyens financiers pour continuer son entreprise. C’est pour cette raison qu’il a été engagé dans l’ONG IRC. Entretemps, son champ commençait à donner des résultats, trois ans après. « Le revenu mensuel avoisinait déjà 600 dollars. » Pour être plus efficace, il s’est lancé dans la formation en informatique et la recherche. Une occasion de faire des consultances afin de trouver les moyens financiers supplémentaires pour booster son entreprise.

Avec le consentement de sa femme, il a rajouté à sa propriété 4.5 hectares. Le coût total d’investissements se porte alors à 14 mille dollars. « Après avoir agrandi ma propriété, les rentrées mensuelles se sont facilement multipliées par trois», se réjouit-il.

C’est finalement en 2013 que cet ancien journaliste de la radio Kwizera en Tanzanie (2000-2002) et directeur-adjoint de la Radio Maria Burundi a pris la décision de renoncer à toute autre activité pour se consacrer uniquement à son champ. « Mon champ est devenu mon bureau », confie-t-il, avec un sourire contagieux.

Dans son champ, outre des ananas, on y trouve des orangers, des manguiers, des citronniers, des pommiers, des jacquiers, etc. Une dizaine de femmes et de jeunes filles font la cueillette. Des hommes font l’entretien en enlevant les mauvaises herbes et les branchages de trop. Il évalue le coût de l’entretien à 280 dollars par mois.

Dans sa propriété, il compte 200 manguiers de variété « quinta ». Après avoir découvert les vertus des pommes par des recherches sur internet, il possède aujourd’hui une centaine de pommiers. Il fait savoir que ces fruits sont très riches en antioxydants, en vitamine C et contiennent peu de sucre.

Dans la propriété parentale, à Rutoke, cet arboriculteur a fait la multiplication des oliviers importés d’Italie, il y a huit mois. Et dans sa pépinière, on y trouve plus de 200 plants de papayers qu’il compte bientôt planter dans sa bananeraie. Cette dernière est un site d’expérimentation et de multiplication de petits bananiers.

Ses produits sont écoulés, en grande partie vers la Tanzanie tandis que le reste est consommé localement. Et par an, il produit 165 tonnes d’ananas soit trois camionnettes par semaine, confie-t-il. Pour les pommes, la production est écoulée localement.

Mon rêve est de construire une entreprise de fabrication d’un vin mixte composé de ces différents fruits conquérir les marchés extérieurs de fruits, révèle M. Ntinanirwa.

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