Adoum NELDJITA veut produire de l’électricité à partir de la force de pesanteur

Passionné des cultures de contre saison, Adoum NELDJITA est un jeune mécanicien ambitieux qui est sur le point de développer une nouvelle technique de production d’énergie propre. Le tout, tenez-vous bien à base de la force de pesanteur.

Calme, l’air sérieux, une silhouette de mince sahélien qui ne laisse aucunement deviner ses nombreuses potentialités, tel est le portrait qu’on pourrait faire d’Adoum, le jeune originaire de Sarh au Sud du Tchad. Une brève conversation engagée avec lui, vous permettra de percevoir la densité intellectuelle de ce jeune écologiste né dans l’âme.

Adoum, au sein de l’Energy Generation Academy

Bac + zéro, mais physicien pur et dur

Titulaire d’un CAP en électromécanique obtenu en 2003, Adoum n’a plus jamais repris ses études. Juste après le Collège d’Enseignement Technique de Sarh, il s’auto-forme dans de petits ateliers de réparation de motocyclette. De là, il murit le projet de se rendre à N’Djamena, la capitale afin d’ouvrir ses horizons et de s’offrir de nouveaux challenges. Malgré les difficultés, il arrive à se frayer sa voie et travaille tour à tour, pendant dix ans en tant qu’électromécanicien, pour une entreprise de fabrication de tôles, une maison de presse écrite, pour le centre de support en santé de la coopération Suisse et pour Médecins Sans Frontières qu’il quitte pour des convenances personnelles. Il se lance alors dans des projets de recherches qui le conduisent à travailler sur les énergies renouvelables tels que l’éolien, le solaire, et les biomasses.

Arrive l’idée de la force de la pesanteur

Adoum a toujours eu un faible pour les jardins potagers. Recherchant une solution autonome d’arrosage de son jardin, l’idée d’utiliser la force de pesanteur pour en produire l’électricité lui arrive soudainement. A la base, il se réfère au fonctionnement des poulies et d’un dispositif appelé « mouton », utilisé dans des chantiers pour enfoncer les pieux dans le sol. Dès lors, une idée d’entreprise est née. Un nouveau défi qu’Adoum entend relever.

Maquette de NELDJITA

Il est intarissable d’explications sur son projet, quand on l’interpelle : « Je suis de ces jeunes africains qui sont optimistes quant à la transformation des problèmes africains en solution… En ce moment, je suis en train de mettre au point un convertisseur de pesanteur en énergie dénommé Neldjita qui veut dire la satisfaction en Sara Madjigaye, un dialecte du Tchad. Neldjita est une machine à vitesse perpétuelle capable de générer de l’énergie électrique ou mécanique à petite et grande échelle avec seulement l’énergie potentielle de la pesanteur. Cette machine ne viole aucunement le principe de la thermodynamique. Un solide attiré par la terre fournie de l’énergie en tombant. Cette énergie est due à l’attraction gravitationnelle entre le solide et la terre. Mon dispositif s’inspire de cette chute, et l’idée est d’assurer la remontée de la masse pour une nouvelle chute par une poulie à deux gorges comme un palan, capable de soulever une masse plus lourde que celle attirée par la terre.

Clémence Énergie en incubation

Coacher par l’incubateur tchadien WenakLabs, le projet d’Adoum est sélectionné au concours African Energy Generation Prize. Avec Clémence Energie, le nom de la société avec lequel il commercialisera son produit, Adoum fait partie des huit lauréats de la desormai l’Energy Generation dirigé par Astria FATAKI. Une formation au bout de laquelle seront primé les trois meilleurs projets.

Dans le même registre, Adoum se trouve depuis quelques jour au Niger pour l’évènement Sahel’Innov organisé par l’incubateur CIPMEN. A l’issu de cette cérémonie il pitchera, aux côtés de son compatriote Didier LALAYE, son projet pour le prix du meilleur innovateur du sahel.

One comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *