8 Mars: les hommes rendent hommage à 4 femmes africaines qui inspirent

Le 8 Mars célèbre chaque année depuis 1977, la “Journée Internationale des Femmes”. Instaurée puis officialisée par l’Organisation des Nations Unies, cette journée a pour but de faire un bilan sur les conditions de vies des femmes à travers le monde. De nombreuses manifestations, évènements, initiatives seront organisées à travers le monde.

Et chez nous, Entreprendre l’Afrique, les hommes ont décidé de rendre hommage à 4 femmes aux travers de leurs portraits qui inspirent. Du Burundi en passant par le Cameroun, Le Tchad ou la République Centrafricaine, nos contributeurs ont choisi de mettre en avant les femmes qui les inspirent.

 

Burundi: Annick Kabatesi, la jeune styliste qui confectionne des habits en ecorce de ficus

Annick Kabatesi CC: Renovat Ndabashinze

C’est à base de l’écorce de ficus, cet arbre qui était utilisé traditionnellement au Burundi pour s’habiller, que cette jeune artiste confectionne différents articles : des habits, des chaussures, des sacs à mains pour dames, etc.

Devenir styliste est un rêve de son enfance. « C’est l’aboutissement  d’un rêve qui me hantait dès mon jeune âge. Je rêvais de côtoyer une personne habillée en écorce de ficus  et d’en faire la promotion », confie-t-elle, avec un sourire, précisant que c’est un texte du livre de la 5ème année primaire, qui lui a inspiré. « Dans ce texte, on parle de vêtements en écorces de ficus portés par les Burundais avant la colonisation », poursuit-elle, notant que depuis lors, elle cherchait à savoir comment un arbre peut devenir un habit.

Cette jeune artiste est originaire de la province de Muyinga, sur la frontière-nord avec la Tanzanie, à plus de 200 km de la capitale burundaise. Ce n’était que vers 2005 qu’elle descendit à Bujumbura (capitale) pour entamer un voyage d’exploration.

Trois ans après, son rêve est devenu finalement réalité avec la création de sa société d’habillement « Murundikazi Fashion ». «Murundikazi » étant un mot en kirundi (langue locale) équivalent de la ‘’femme burundaise’’.

Elle est aujourd’hui l’unique artisane au Burundi en la matière à habiller les stars et les hauts responsable et à exporter ses habits traditionnels modernisés vers d’autres pays de la Communauté est-africaine et même européens.

A base d’écorces de ficus, arbres sauvages abondants à Gitega, au centre du pays à plus de 100 km de la capitale, elle multiplie les confections. Elle fabrique des pagnes pour les hommes et les femmes, des chaussures, des ceintures, etc.

Ses produits sont décorés par des rubans, des perles, des petits dessins géométriques et des animaux comme les crocodiles et les hippopotames, afin de les rendre plus captivants.

Par ses œuvres, Mlle Kabatesi a déjà attiré l’attention des organisations internationales ou des hautes autorités comme l’organisation de la Francophonie, puis par le président burundais, Pierre Nkurunziza, en 2014.

 

Pour se faire une publicité, Annick Kabatesi, a confectionné un costume en ficus au chanteur célèbre et très aimé au Burundi, Steven Sogo, pour la sortie de son morceau : « Il est beau mon pays Burundi », les anciens ministres comme Adolphe Rukenkanya, ancien ministre de la Jeunesse, des sports et de la culture, même le 1er vice-président de la République Gaston Sindimwo porte occasionnellement une veste en écorce de ficus.

Parmi ses clients figurent également d’autres artistes qui portent les costumes qu’elle confectionne pour eux lors de festivals internationaux, des touristes étrangers en quête de produits originaux et de hauts responsables d’Etat tels que nombre de ministres s’habillant en tenue traditionnelle lors des fêtes nationales.

Un métier qui lui permet de vivre.  A titre illustratif, l’ensemble chapeau et sac-à-main est vendu à plus de 350 USD, les vestes à 250 USD, un chapeau cowboy  à 30 USD, une mallette à plus de 40 USD.

Annick Kabatesi, très attachée à ce qu’elle fait, se montre déterminée à aller de l’avant au service de l’arbre emblème de son pays : le ficus et elle est encouragée par ses compatriotes.

Une innovation

Pour Melissa Irakoze, une de ses clientes, c’est une belle initiative, une innovation purement africaine. « Ce sont des choses culturelles. C’est même surprenant de voir une jeune fille penser qu’on peut s’habiller à base d’un arbre, c’est une bonne chose », avoue cette maman, la trentaine. Et de déclarer : «  Je dois acheter un habit en écorce de ficus parce que je l’apprécie beaucoup. C’est un habit très distinctif lors des fêtes ».

En effet, explique-t-elle, dans des telles occasions, beaucoup de gens portent des habits communs, avec les mêmes couleurs, on dirait des uniformes. « Mais quand tu portes un habit en ficus, tu es le seul, c’est un habit qui se démarque », mentionne-t-elle, très souriante.

De son côté, Adolphe Rukenkanya, ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de la culture et ancien professeur de l’Université du Burundi, se dit très fier de cette jeune fille. « Je suis particulièrement fier de voir que l’une de mes deux vestes qu’elle a fabriqué que je porte moi-même est absolument irréprochable, impeccable que je porte avec cravate. Donc, c’est quelque chose qui doit être promue et dont le Burundi, l’Afrique peut être fier ».

Auteur: Renovat NDABASHINZE, Burundi 

 

Cameroun: Rebecca ENONCHONG, le visage emblématique de l’entrepreneuriat technologique africain

La technologie a été souvent associée au visage masculin mais au Cameroun, nous avons une exception à la règle.

Rebecca ENONCHONG CC: @Dirigeantes.com

Née de père camerounais et de mère américaine, elle a une enfance comme la plupart des jeunes camerounais, seulement très tôt elle se lance dans des activités. A 15 ans elle commence par faire la vente des journaux dans la rue, deux ans plus tard elle devient manager dans la même entreprise grâce à son travail acharné.

Entrepreneure, fondatrice et directrice de Appstech group inc, véritable figure techno africaine, Rebecca Enonchong   a su tirer profit de son partenariat avec le géant Oracle pour se développer sur le continent africain mais aussi en Europe et aux Etats Unis.

Pendant cinq ans elle a été présidente de l’Africa Technology forum, membre du board du salesforce.org et du VC4Africa. Co-fondatrice de I/O space et Africa Business Angel Network. Plusieurs prix et distinction a son actif: Afrique entrepreneur Award en 2001, global leader for Tomorrow au world Economic forum, African Entrepreneurship Award, Benjamin Franklin Award… une renommée qui lui valut d’etre aux côtés de d’autres entrepreneurs des technologies numériques comme Larry page co-fondateur de Google et Marc Bénioff directeur général de salesforce.com. Classé par Forbes parmi les 10 femmes Tech à suivre en Afrique et surtout sa notoriété sur twitter sous le compte @Africatechie est devenu son surnom dans le cercle des technologies de l’information

Auteur: Marco MBILLA, Cameroun 

Tchad: Salma Khalil,l’artiste aux multiples talents qui fait de la culture, un levier de développement majeur 

Salma KHALIL fait partie de ces générations de jeunes Tchadiens qui ont fait de l’entrepreneuriat une solution à la situation que traverse le pays actuellement.

Depuis quelques années, elle a embrassé les métiers qui intéressent rarement les femmes tchadiennes pour gagner sa vie. Junior Bekoutou, le contributeur pays est allé à sa rencontre dans cet interview accordée.

Salma Khalil CC: S.K

 

Junior B. : Bonjour Salma, Pourriez-vous vous présentez à nos lecteurs? 

Salma K. : Bonjour. Je suis Salma KHALIL, la fille du professeur linguiste Khalil Alio et de la brodeuse Khadidja Hamit. Un couple qui a hérité la culture de l’art, faisant partie intégrante de leur quotidien. J’ai a ensuite grandit dans un monde d’idées et de créativité qui a contribué à ce que je suis devenue aujourd’hui.

Junior B. : Que faites-vous dans la vie?

Salma K. : Je suis très polyvalente: artiste designer et j’exerce également dans la photographie, l’art plastique, l’infographie et l’écriture. C’est à travers l’Association Positive que je coordonne, que j’arrive à partager cette passion autour de moi. Dans la vie, j’innove en permanence car nous sommes dans un monde de créativité et les nouvelles technologies accélèrent les choses.

Je suis régulièrement en contact avec les groupements et organisations qui pour but l’épanouissement de la femme et surtout l’éducation au Tchad. Car je suis très sensible à ce qui contribue au développement de mon pays. Je suis titulaire d’une maitrise en géographie urbaine. Diplôme obtenu à l’université de N’Djaména.

Junior B.: Comment avez-vous embrassé votre carrière ?

Salma K.: Le fait que je sois une dessinatrice en herbe a fortement joué sur le choix de ma carrière. Car lorsqu’on observe le schéma de mon évolution professionnelle, l’on se rend compte que l’élément déclencheur a été le dessin. J’étais d’abord à l’atelier “Bulle du Chari”, un carrefour de rencontre entre dessinateurs et peintres qui m’a permis de rencontrer des artistes tchadiens. J’ai été invité par l ‘Atelier de Graphisme et d’Infographie qui m’a permis de suivre un stage au cour duquel j’ai appris l’infographie. Mais c’est aussi à ce moment où j’ai réalisé que l’illustration représentait un grand potentiel dans le monde de travail. C’est un avenir incontesté de l’entreprenariat culturel. Au même moment, j’ai intégré le journal satirique “le Miroir” en tant que rédactrice et caricaturiste. Progressivement plusieurs journaux ont sollicité mes services et les expériences partagées avec mes ainés, ont largement contribué à mon développement personnel.

Junior B: Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans ce boulot ?

Salma K. :En général rien n’est facile. Mais quand vous évoluez dans le domaine, telle que la culture dans un pays comme le Tchad où elle n’est pas vraiment favorable, les choses deviennent difficiles. Vous devez régulièrement faire preuve de courage pour ne pas céder aux dires des pessimistes de la culture. J’étais armée de la confiance, de la détermination et surtout dotée d’un esprit positif. J’étais fort convaincue que la culture gagne sa place au Tchad et tout cela dépend du travail de chaque génération. Et moi je fais partie de la génération actuelle. En conséquence je dois justifier à ma façon la situation et convaincre l’opinion publique, que la culture au Tchad a aussi sa place dans le développement économique. C’est un gisement intarissable.

Junior B: Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans votre métier ?

Salma K. : C’est la sensation de liberté et de bien-être qui vous envahie lorsque vous illustrez. Les clients et les curieux qui s’intéressent de près au travail que vous faites apportent une certaine assurance et un équilibre à votre métier mais participent aussi au développement de votre travail.

Junior B: Quelles sont vos ambitions et projets futurs?

Salma K. :Développer des projets culturels orientés vers l’éducation et le développement économique en associant tous ceux qui œuvrent pour un Tchad prospère. Je travaille aussi pour offrir une visibilité internationale à la culture tchadienne. Aujourd’hui presque tout se passe sur le numérique. Et quand vous écrivez “TCHAD” sur les moteurs de recherche, les images qui apparaissent ne reflètent pas forcément toutes les réalités. Cela doit changer. Mais progressivement.

Junior B: Salma, l’interview touche à sa fin. Quelle serait pour finir, le conseil ou la phrase d’inspiration que vous souhaiteriez partager avec nos lecteurs?

Salma K. :« Ne jamais céder aux idées négatives. Soyons déterminés et positifs ».

Auteur: Junior BEKOUTOU, Tchad

 

 

Centrafrique: OUESSEBANGA Montey, un modèle de femme leader au grand coeur 

Âgée de 43 ans, mariée et mère de 3 enfants, OUESSEBANGA Montey travaille au sein de la société de téléphonie TELECEL Centrafrique, comme Ingénieure réseau télécom depuis des années. 

OUESSEBANGA Montey CC: M.O

En févier 2010 Montey OUESSEBANGA projetait d’ouvrir un établissement chrétien avec Internat. Elle explique en ces termes, « Après avoir aidé pendant quelques années les enfants démunis et surtout les orphelins qui ont perdu très tôt leurs parents et qui trouve que l’avenir est incertain pour eux, nous finançons dans les établissements publics ces enfants mais force est de constater que ces établissements publics sont en surnombres (voir 150 à 250 élèves par classe), pas de places assises, les enseignants ne sont pas bien rémunérés si bien que l’éducation des enfants est bafouée, voilà donc face à nos responsabilités en tant que parents, éducateurs et chrétiens ; le défi à relever est clair : trouver un local proche plus adapté(cette solution s’est avérée impossible), soit un terrain où construire un lycée pour accueillir les enfants. ».

Finalement COSEVA (Complexe Scolaire Evangélique les Archanges) a été fondé avec une capacité d’accueil de 250 enfants pour le Lycée.

Elle s’est inspirée d’une ONG qui aide aux travers de la dîme, de nombreux orphelins à s’en sortir. ONG fondée par Mme ZOKOE Alexandrine, une dame de charité à qui elle rend hommage.

Des projets en vue ? Oui, pour Montey le prochain projet serait lancement d’une formation en couture pour les jeunes filles ne pouvant pas suivre le cycle long d’étude.

Montey ajoute en ces termes, « J’ai opté pour un métier d’homme, mais je m’évalue avec les hommes et la réussite y ait.» Ce sont de telles femmes qui font la fierté de la gente masculine.

Le message de Montey pour la Journée Internationale de la Femme est le suivant, « La Journée de la femme est l’occasion de faire le point sur les choix d’orientation des filles. Alors que tout le monde se demande pourquoi les filles ne réussissent pas mieux dans l’enseignement supérieur ?

 

La mission de l’ONG fondée par Montey est d’aider les jeunes filles du pays (la République Centrafricaine) à grandir dignement et à partager des actions qui permettent de lever les freins au développement global de la fille, afin qu’elle puisse être éduqué, soigné, protégé, tout en l’accompagnant pour le développement de sa communauté. »

Auteur: Baba Mahamat, République Centrafricaine 

 

Sandrine NAGUERTIGA

Consultante et formatrice, je suis passionnée par tout ce qui attrait au digital. Tech-entrepreneure et blogueuse (Mondoblog-RFI), j’accompagne les porteurs de projets dans leurs projets de créations d’entreprises et les entreprises dans leur stratégie de communication digitale. Je fais partie de ces personnes qui croient en cette Afrique fascinante et aux nombreux talents cachés mais bel et bien présents. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi, à travers la création d’ “Entreprendrelafrique.com” de contribuer à la promotion de cette Afrique qui inspire et qui gagne. Je communique tant par passion que par détermination, ce qui fait qu’il est très difficile de m’arrêter quand je me lance.

2 comments

  1. Bravo mesdames. Tous mes encouragements pour vos initiatives. Vous êtes la fierté de l’Afrique. Nous comptons sur vos talents et vos efforts que beaucoup d’autres africaines puissent sortir sentiers perdus de leur milieu culturel. Tout être humain est doté de talents, gracieusement reçus de Dieu, qui ne demandent qu’à s’exprimer pour le développement de soi et de l’humanité.

    Bonne fête des femmes africaines 2018 !

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